Pérégrinations à l'infini

Sculpture de Gayle Hermick

"La nature n’utilise que les plus longs fils pour tisser ses motifs, de sorte que la plus petite pièce révèle la structure de la tapisserie tout entière." Richard P. Feynman

"Lors de ma première visite au CERN en 2005, j’ai été fascinée par l’immensité du LHC et par ce qu’il représente : une expérience reposant sur des siècles d’exploration scientifique. Les théories physiques actuelles se fondent sur celles qui les ont précédées, et ainsi de suite. Les liens que tissent les théories entre elles forment une trame au motif élaboré et constituent l’histoire de la science. La nature en apparence abstraite et intangible des expériences réalisées au CERN m’a fascinée. Étant issue du monde des arts visuels, j’ignorais complètement le langage utilisé par la communauté scientifique. Il est pourtant d’une élégance remarquable et intrigante. " Gayle Hermick, auteure de la sculpture

La science du CERN : un laboratoire pour la rencontre d’esprits

Des milliers de scientifiques venant de plus de cent pays différents collaborent et travaillent ensemble au CERN. Chaque découverte entraîne innovations et progrès, permettant de forger de nouvelles relations humaines. Portés par une créativité peu commune depuis la création du laboratoire en 1954, des femmes et des hommes bâtissent une culture unique en son genre. Issus d’origines fort différentes mais partageant la même curiosité et une passion sans bornes, tous facilitent des collisions productives entre genres, nationalités, métiers, formations, valeurs ou compétences. À l’image de ces milliers d’humains participant humblement, depuis des millénaires, à l’accroissement du savoir, chacun au CERN apporte sa pierre à l’édifice. La sculpture raconte cette histoire où, de génération en génération, un savoir se transmet, s’accroît, se complète et contribue à l’épanouissement de tous. De l’écriture cunéiforme des Mésopotamiens au formalisme mathématique se cachant derrière la découverte du boson de Higgs, la langue de la science s’universalise et accompagne le partage d’un rêve commun.

La fabrication de "Pérégrinations à l’infini"

L’installation finale, de 7,09 m de haut et de 10,33 m de long, est constituée par l’entrelacement d’un ruban d’acier inoxydable. La sculpture représente une chronologie sélective des progrès de la physique, des découvertes les plus anciennes aux expériences contemporaines. La surface externe du ruban, découpée au laser, mentionne les découvertes inscrites dans la langue du physicien qui en est l’auteur. Ce côté de l’oeuvre suit les migrations de la science, reflétant la manière dont l’information scientifique est partagée à travers le monde et les époques. Les équations associées à certaines de ces découvertes sont gravées sur la face interne du ruban, et évoquent les réflexions des physiciens. C’est l’illustration de la nature esthétique et ésotérique des mathématiques qui sont le socle de la physique. La sculpture s’enroule dans l’espace, s’achevant dans les airs, dans l’attente d’une nouvelle ère de progrès et de découvertes. Sa courbe reflète les possibilités infinies que nous offre l’exploration incessante des complexités qui contribuent à fabriquer la science.

 

Donation de la Fondation Meyrinoise du Casino

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